08.11.07
Le printemps de Sant Ponç, de David Epiney et Eugenia Mumenthaler
« Et ce citron, on le verra dans le film ? J'aimerais bien qu'on le voie ... »
Le film, c'est le printemps de Sant Ponç, de David Epiney, graphiste et Eugenia Mumenthaler, anthropologue.
Pendant 4 mois, David a animé un atelier de dessin avec des personnes handicapées dans leur foyer d'accueil. Il a enregistré ce qui s'est dit autour du dessin : les discussions à bâtons rompus, les commentaires, les confidences. Il a peu filmé.
Le printemps de Sant Ponç rend compte, rend trace de cet atelier. Une trace poétique, légère et grave.
La matière : les dessins, mis en animation, et les mots.
Des visages, on ne voit rien.
Seuls quelques plans du lieu sont insérés, comme un repère, une extraction du dessin. Pour nous situer dans l'espace, pour nous ramener au réel aussi, non pas celui du handicap (les voix le dévoilent) mais simplement celui du lieu où vivent ces personnes, du lieu où dessins et paroles ont trouvé l'espace d'exister.
Autour de ces dessins, ce qui se dit. Ce qui se dit de l'intime, des bouts d'histoire. Avec pudeur, douceur même quand il s'agit de raconter l'agression, même quand il s'agit de nommer son handicap.
Dans la salle, des questions surgissent : n'est-ce pas une façon de protéger le spectateur que de ne pas montrer les visages des handicapés ? Mais ce n'est pas le handicap le thème principal, précisent les réalisateurs. Et puis le rapport à l'autre ne passe pas que par l'image...
L'équipe du foyer a vu le film. Ils ont été surpris qu'il soit entré ainsi dans l'intimité des personnes. Quand on apprend que le réalisateur a vécu avec des handicapés étant enfant et que le projet est né de là, on comprend mieux la finesse et la justesse de son film, le désir aussi d'un objet artistique affranchi des stéréotypes.
Les hermites, de Marika Mrozek
Les hermites, ce sont les habitants d'un hiver, les «sans-domicile-fixe» (on connaît bien l'expression) hébergés au centre où travaille Marika comme éducatrice.
La caméra filme proche, des moments, des gestes, des bribes d'entretiens, met le spectateur en fatigue. Je me demande : à l'image de ce que vivent ces hommes ? À l'image de ce que ressent l'éducatrice ? Comme si on était piégé dans la survie au quotidien, dans l'éternel présent, bien trop pour avoir encore la possibilité de se mettre à distance ...
« Ici on recherche la tranquilité à laquelle on a été arraché par un cri ». Lui a les mots pour le dire. Pour d'autres, peu de mots, mais des sourires tristes et des regards perdus que la caméra a su saisir et qui en disent long sur cette solitude des hermites malgré eux. Ou alors des pleurs, des cris, des engueulades. Comme cette scène, qui dure, où le vieux et le jeune s'affrontent. Conflit de génération ? Ou bien une même rage qui s'exprime comme elle peut ?
Heureusement, il y a les moments de fête et de musique, des moments d'apaisement, de nostalgie d'un vie qui n'aurait pas dû être celle-là.
Heureusement, il y a des échappées, on regarde par la fenêtre : un arbre, la neige, les nuages. On parvient à respirer parfois dans ces préfabriqués. Ces échappées seules témoignent du temps qui passe.
Car le temps ici peut sembler se figer. Pourtant, il passe malgré tout. Un hiver. Au printemps, ils s'en vont ces hermites (on n'a pas besoin d'un toit au soleil, n'est-ce pas ?) Et chacun continuera sa route.
« Il n'y a pas de main tendue, jamais, alors il faut s'accrocher »
Alors ils s'accrochent.
Le cycle finlandais
Lisez l'interview de Christophe Postic, co-directeur artistique du festival
et visitez le site francophone sur la Finlande : des infos sur le cinéma finlandais, des interviews, des analyses -et sur la Finlande en général.
09.11.07
Incertains Regards
"Le monde est composé de regards attentifs, d'émotions partagées, de voyages vers l'autre, de rencontres provoquées, de hasards opportuns, d'émerveillements ou de ripostes à construire."
C'est par ces mots que Pierre Oscar Lévy et Hervé Nisic introduisent la programmation Incertains Regards dans le catalogue des états généraux 2007. Ils nous expliquent leurs choix dans un entretien que vous pouvez lire... ici
10.11.07
L'Afrique à Lussas
Jean-Marie Barbe nous parle du cinéma documentaire africain, de la sélection Afrique, d'Africadoc et des rencontres Tënk de Gorée au Sénégal...
Partie 1
Partie 2
Lire aussi son interview sur la création des états généraux du de Lussas.
02.07.08
La diversité du monde
Il y a les voyages.
Et il y a les documentaires.
Une autre façon de découvrir le monde. D’Helsinki à
Jérusalem, de la Révolution de mai au regard d’un père, si la multitude de
films projetés à Lussas (150 !) peut donner le tournis, les images (et les sons) restent, se
mêlent et nous nourrissent. Le détour ne déçoit pas. Papillon butineur ou vorace iconophage, curieux novice ou aguerri
cherchant combat (d’idées), chacun trouvera son compte.
Il y a les documentaires qui montrent le monde et ceux qui dévoilent l’intime. Mais tous rompent le même silence et tous donnent à voir l’humain dans la mêlée. Car, le « cinéma du réel » est avant tout rencontre.
