10.10.07
Lussas, c'est qui ? c'est quoi ?
J'étais déjà
passée par là (étant un peu du coin), j'avais déjà entendu parler de ce moment important du documentaire, à l'ambiance
détendue mais concentrée, à la programmation de
qualité, exigeante mais pas élitiste.
Cette fois-ci m'y voilà pour de
bon, festivalière (une première!) et qui plus est reporter, pour découvrir la réalité de ce
festival des films du réel.
Toutes oreilles et tous yeux ouverts – sur les écrans mais pas seulement (tant de personnes à rencontrer)
Toutes questions au bout des lèvres :
comment un tel festival au fin fond de l'Ardèche ? Qui se cache derrière tout ça ? Pourquoi a-t-on choisi de programmer ce
film ? et d'autres...
Je me suis donc mise en quête de l'identité de ces Etats Généraux, et surtout de celles et ceux qui les font : géniteurs/trices, organisateurs/trices, bénévoles, habitant/e/s, simples passant/e/s, et bien sûr réalisateurs/trices...
Visitez le "site officiel" des Etats Généraux et d'Ardèche Images
29.10.07
Syhem, premier film de Cécile Martinaud
"On a 2 mois pour faire le film, c'est très court. J'avais déjà pensé à cette idée, intuitive. J'ai filmé une amie qui a eu son bébé en février.
J'avais envie de parler de son histoire depuis longtemps, et il m'a semblé que c'était le moment..."
Syhem, c'est une jeune femme qui vient d'être mère. La caméra filme ses gestes, au plus proche. L'image montre la fragilité, la douceur, mais aussi l'intensité du peau à peau avec son bébé. Et comme en contre-point, les mots : Syhem nous confie un peu de son histoire, marquée par la rupture avec sa propre mère.
Cécile Martinaud* a présenté son film en ouverture du festival. Déterminée, instinctive et pudique, elle nous parle de cette expérience.
Tu filmes Syhem de façon très proche ...
Je voulais un film qui laisse une sensation, cette idée d'un passé douloureux que tu portes et avec une rupture. Interroger comment une mère peut renier son enfant. Je voulais construire un microcosme doux mais avec de la violence à l'intérieur, parce que c'est de ce lien-là que provient après la rupture. Elle, elle a eu ce lien fusionnel avec sa mère et après il s'est passé ces choses violentes. Je l'ai ressenti violemment car c'est une amie.
Mais je ne voulais pas faire une analyse ni psychologique ni quoi que ce soit sur la question : je voulais juste donner cette sensation, travailler avec des sensations plutôt que des discours. C'est pour cela que je m'en suis tenue aux images et aux actions concrètes. J'ai enlevé tout contexte.
Je me suis concentrée sur une histoire qui comporte une rupture.
Comment as-tu préparé le tournage ?
J'ai besoin d'un aller-retour entre l'écriture et filmer. J'ai du mal à donner une forme écrite sans filmer. J'écris des pistes de ce que j'ai envie de filmer. Je n'ai pas écrit l'histoire mais j'ai organisé le tournage de manière précise. Par exemple je voulais filmer Syhem dans toutes les actions premières qui la relie à son enfant, des actions instinctives dans la relation avec son bébé (le laver, le protéger, le nourrir). J'ai écrit le film comme ça : « concrètement qu'est-ce que je veux comme image ? »
Sa parole est venue facilement ?
J'ai écrit des choses précises : je savais ce que je voulais qu'elle aborde mais je n'ai pas pensé à des déclencheurs parce que c'est une amie, j'ai juste écrit des questions. Mais ça a été un problème. J'ai eu moins de mal avec des inconnus pour déclencher une parole. On a eu du mal toutes les deux. D'abord parce que ce n'était pas naturel qu'elle me raconte quelque chose que je connaissais déjà. Et puis aussi parce que c'est encore douloureux pour elle. Même si elle a de la distance aussi. Je ne voulais surtout pas montrer l'image d'une personne victime.
Du coup, je suis passée par la preneuse de son, Ana Gil, qui a pris le relais.
Ca a été difficile aussi par rapport à sa famille, il y des choses qu'elle ne voulait pas montrer à l'image.
Et pour la filmer de si près, ça n'a pas été difficile ?
Ça par contre, ça a été assez naturel. J'ai choisi d'être proche physiquement : il y a une certaine distance où la personne t'accepte dans son environnement. Tu es intégré sans être impudique. La preneuse de son était proche aussi. Il y a une distance à trouver pour que la personne ne se sente pas épiée. Et si la personne n'accepte pas, on ne filme pas.
* Récemment diplômée du Master professionnel « Documentaire de création » Université Grenoble 3, en collaboration avec l'association Ardèche Images
30.10.07
Où sont nos amoureuses ? de Robin Hunzinger
En écoute : interview de Robin Hunzinger
Dans Toutes les lumières du monde, un magazine cinéma de RCT
Dans les années 30, deux jeunes femmes s'aiment. Thérèse et Emma. Robin Hunzinger, le réalisateur, part à la recherche de leur histoire. Il retourne sur les lieux où elles ont vécu. Il a en main des photographies, des lettres, les carnets d'Emma, sa grand-mère.
Où sont nos amoureuses ? raconte l'histoire de ces deux femmes, marquée par l'arrivée de la guerre.
Où sont nos amoureuses ?
Au Cinéma le Comoedia Lyon 7°
dans le cadre du mois du film documentaire
Lundi 12 novembre 2007 à 20h30
01.11.07
Bruno Ulmer, réalisateur de Welcome Europa
Bruno Ulmer, réalisateur, nous parle de son dernier film Welcome Europa
08.11.07
Le printemps de Sant Ponç, de David Epiney et Eugenia Mumenthaler
« Et ce citron, on le verra dans le film ? J'aimerais bien qu'on le voie ... »
Le film, c'est le printemps de Sant Ponç, de David Epiney, graphiste et Eugenia Mumenthaler, anthropologue.
Pendant 4 mois, David a animé un atelier de dessin avec des personnes handicapées dans leur foyer d'accueil. Il a enregistré ce qui s'est dit autour du dessin : les discussions à bâtons rompus, les commentaires, les confidences. Il a peu filmé.
Le printemps de Sant Ponç rend compte, rend trace de cet atelier. Une trace poétique, légère et grave.
La matière : les dessins, mis en animation, et les mots.
Des visages, on ne voit rien.
Seuls quelques plans du lieu sont insérés, comme un repère, une extraction du dessin. Pour nous situer dans l'espace, pour nous ramener au réel aussi, non pas celui du handicap (les voix le dévoilent) mais simplement celui du lieu où vivent ces personnes, du lieu où dessins et paroles ont trouvé l'espace d'exister.
Autour de ces dessins, ce qui se dit. Ce qui se dit de l'intime, des bouts d'histoire. Avec pudeur, douceur même quand il s'agit de raconter l'agression, même quand il s'agit de nommer son handicap.
Dans la salle, des questions surgissent : n'est-ce pas une façon de protéger le spectateur que de ne pas montrer les visages des handicapés ? Mais ce n'est pas le handicap le thème principal, précisent les réalisateurs. Et puis le rapport à l'autre ne passe pas que par l'image...
L'équipe du foyer a vu le film. Ils ont été surpris qu'il soit entré ainsi dans l'intimité des personnes. Quand on apprend que le réalisateur a vécu avec des handicapés étant enfant et que le projet est né de là, on comprend mieux la finesse et la justesse de son film, le désir aussi d'un objet artistique affranchi des stéréotypes.
Les hermites, de Marika Mrozek
Les hermites, ce sont les habitants d'un hiver, les «sans-domicile-fixe» (on connaît bien l'expression) hébergés au centre où travaille Marika comme éducatrice.
La caméra filme proche, des moments, des gestes, des bribes d'entretiens, met le spectateur en fatigue. Je me demande : à l'image de ce que vivent ces hommes ? À l'image de ce que ressent l'éducatrice ? Comme si on était piégé dans la survie au quotidien, dans l'éternel présent, bien trop pour avoir encore la possibilité de se mettre à distance ...
« Ici on recherche la tranquilité à laquelle on a été arraché par un cri ». Lui a les mots pour le dire. Pour d'autres, peu de mots, mais des sourires tristes et des regards perdus que la caméra a su saisir et qui en disent long sur cette solitude des hermites malgré eux. Ou alors des pleurs, des cris, des engueulades. Comme cette scène, qui dure, où le vieux et le jeune s'affrontent. Conflit de génération ? Ou bien une même rage qui s'exprime comme elle peut ?
Heureusement, il y a les moments de fête et de musique, des moments d'apaisement, de nostalgie d'un vie qui n'aurait pas dû être celle-là.
Heureusement, il y a des échappées, on regarde par la fenêtre : un arbre, la neige, les nuages. On parvient à respirer parfois dans ces préfabriqués. Ces échappées seules témoignent du temps qui passe.
Car le temps ici peut sembler se figer. Pourtant, il passe malgré tout. Un hiver. Au printemps, ils s'en vont ces hermites (on n'a pas besoin d'un toit au soleil, n'est-ce pas ?) Et chacun continuera sa route.
« Il n'y a pas de main tendue, jamais, alors il faut s'accrocher »
Alors ils s'accrochent.
Le cycle finlandais
Lisez l'interview de Christophe Postic, co-directeur artistique du festival
et visitez le site francophone sur la Finlande : des infos sur le cinéma finlandais, des interviews, des analyses -et sur la Finlande en général.
Une affaire de nègres, de Osvalde Lewat
Interview de Osvalde Lewat, réalisatrice d'Une affaire de nègres, un documentaire programmé dans la sélection Afrique
Partie 1
Partie 2
par Renaud Volle, sur RCT
Poussière de femmes, de Lucie Thierry
Lucie Thierry, réalisatrice de Poussière de femmes, interviewée par Renaud Volle pour RCT
09.11.07
Incertains Regards
"Le monde est composé de regards attentifs, d'émotions partagées, de voyages vers l'autre, de rencontres provoquées, de hasards opportuns, d'émerveillements ou de ripostes à construire."
C'est par ces mots que Pierre Oscar Lévy et Hervé Nisic introduisent la programmation Incertains Regards dans le catalogue des états généraux 2007. Ils nous expliquent leurs choix dans un entretien que vous pouvez lire... ici


